Ouverture de la 20ème Rencontre “L’ Intelligence Artificielle et son impact sur les salariés : coopération ou compétition ?”


Dans le cadre de la 20ème Rencontre organisée sur le thème suivant « L’intelligence artificielle et son impact sur les salariés : coopération ou compétition ? », la cérémonie d’ouverture a été ponctuée par l’intervention de Ziryeb Marouf, président et fondateur de l’Observatoire des Réseaux Sociaux d’Entreprise qui a prononcé son discours d’introduction.

Entre croissance des entreprises, création d’opportunités, avantages macro-environnementaux et changements sociaux, l’avenir semble appartenir à l’intelligence artificielle ! N’oublions pas qu’aux Etats-Unis et en Chine notamment, de nombreuses entreprises sont en avance sur ce sujet. Cela oblige les entreprises françaises et européennes à s’adapter et à relever des challenges de manière rapide et efficace.

En fait, l’intelligence artificielle, tout le monde en parle mais personne ne sait vraiment ce que c’est. Il est encore difficile de trouver des cas d’usages qui ne sont pas des expérimentations, mais des services bien réels destinés aux salariés.

Au regard du volume croissant d’articles, et d’ouvrages mettant en exergue la révolution impulsée par l’intelligence artificielle, nous pourrions croire qu’il s’agit d’un sujet tout à fait récent. Il n’en est rien, le sujet n’est pas jeune : le concept d’intelligence artificielle date des années 50. La première conférence sur l’intelligence artificielle a été donnée par John McCarthy & Marvin Minsky au Dartmouht College (New Hampshire) en 1956. Ils avaient en commun la passion de l’informatique et surtout celle d’une machine qui saurait apprendre toute seule. C’est à cette occasion que le terme « intelligence artificielle » a été utilisé pour la première fois.

Il a fallu très vite distinguer l’intelligence artificielle forte de l’intelligence artificielle faible.

L’intelligence artificielle faible exécute un ensemble de tâches prédéfinies en suivant un algorithme. Cela permet de débarrasser l’homme de taches fastidieuses ; Grâce à ses capacités de calcul, l’intelligence artificielle peut réaliser des traitements à une vitesse extrêmement élevée.
– L’intelligence artificielle forte quant à elle, tente de reproduire le comportement humain. Partant de traitements simples mais auto-apprenants, cette intelligence artificielle développe ses capacités de traitement et aboutit à des traitements complexes et non prédéterminés, y compris, la modification de son propre fonctionnement.

Une autre notion intéressante, qui n’est pas nouvelle non plus, est le point de singularité. Selon les adeptes de cette thématique, aux alentours de 2050, les progrès seraient tels que les machines arriveraient à prendre conscience d’elles-mêmes et pourraient remplacer l’homme. Gageons qu’il s’agit ici plutôt de science-fiction.

Certains chercheurs du CNRS partagent l’idée que ces technologies permettront de faire et d’accomplir des choses surprenantes mais qu’elles n’auront jamais conscience d’elles-mêmes. Cela relève également de la science-fiction, du fantasme. Pour Joël de Rosnay, chercheur et docteur en sciences, c’est « La stupidité naturelle (qui) est plus dangereuse que l’intelligence artificielle. »


L’intelligence artificielle et son impact sur les salariés n’est pas un sujet nouveau ; Cette crainte que les hommes dans nos entreprises soient remplacés par des robots existe depuis longtemps, les journaux en parlaient déjà dans les années 80. Pourtant un changement majeur s’est opéré : à l’époque, on pensait que les cols bleus en pâtiraient et que le monde industriel pourrait se passer d’eux, or aujourd’hui, ce sont les « cols blancs » ou les cadres supérieurs qui ont peur pour leur emploi.

En effet, les services d’intelligence artificielle sont partout. Déjà dans notre vie privée, même si nous ne nous en rendons pas toujours compte, ils nous entourent au quotidien : écrire un sms, consulter la météo, calculer son itinéraire en fonction de la circulation…, tous ces services se fondent sur l’intelligence artificielle.

Mais au-delà des opportunités qu’elle représente dans notre vie quotidienne, l’intelligence artificielle gagne du terrain dans les organisations : on assiste au 1er supermarché sans caisse, ni caissière chez Amazon GO, on voit également dans les centres d’appels de plus en plus de robots, des chatbots qui vont traiter un certain nombre de tâches, etc. Tout cela va poser la question de l’emploi des personnes qui y travaillent.

Néanmoins, la machine ne remplacera jamais l’empathie. On parle beaucoup plus de compléter l’humain, de l’augmenter, d’augmenter ses capacités et non de remplacer complètement l’homme par la machine. On pourrait donc espérer que cette intelligence artificielle soit réellement au service des femmes et des hommes pour augmenter leurs compétences, leurs capacités. Nous avons là une hypothèse bien plus séduisante que celle d’une réduction drastique d’emplois dans nos entreprises.

Plus généralement, l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi est une des sources principales d’inquiétudes. Or il y a fort à parier que de nombreux emplois vont voir le jour grâce à l’intelligence artificielle. En effet, une étude de Capgemini indique que 85% des emplois en 2030 n’existent pas encore, ce qui démontre que tous les besoins en compétences liés à cette technologie ne sont pas encore satisfaits. En revanche, les personnes remplacées par les machines ne sont pas nécessairement celles qui seront embauchées avec des compétences de data scientist ou d’intelligence cognitive. Il s’agit là vraiment d’un problème social et sociétal.

Dans tous les cas, ce n’est pas la machine qui décidera pour nous. Les décisions que nous prendrons auront des impacts sur le plan économique, sociétal et technologique. Il faut donc avant tout s’attacher à comprendre cette technologie. Pour y arriver, nous verrons comment dans des secteurs d’activités très divers l’intelligence artificielle peut prendre place.