Dirigeants à l’ère digitale, le regard de l’INSEAD

Sylvie Joseph, Project Director of the Internal Transformation Program du Groupe La Poste, nous parle de l’INSEAD. Elle interviewe Axel Tagliavini, Digital communication Director de l’INSEAD.

Sylvie Joseph nous rappelle tout d’abord quelques éléments clés relatifs à l’INSEAD. Cette école existe depuis 1957, comprend 12 centres de recherche et 148 enseignants à travers le monde issus de 40 pays. 50 000 Alumnis  y ont déjà été formés. Selon Axel Tagliavini, la diversité est un des secrets de la réussite de cette école.

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Axel Tagliavini, interviewé par Sylvie Joseph

En quoi l’évolution de la société change-t-elle les pratiques pédagogiques, l’approche du métier pour le formateur, l’enseignant et le comportement des élèves ? 

Axel Tagliavini, dont les fonctions couvrent l’aspect web et réseaux sociaux ainsi que la production audiovisuelle sur les 3 campus de l’Ecole (Fontainebleau, Singapour, Abu Dhabi), estime qu’il faut prendre en considération l’aspect multi-dimensionnel de ces pratiques. L’INSEAD propose plus de 45 programmes destinés aux entreprises. L’école est très à l’écoute et adapte au mieux l’outil pédagogique à chacune des audiences. Axel Tagliavini, prend pour exemple l’audience MBA. Elle est jeune et extrêmement connectée. Ses attentes se situent au niveau du réseau, de l’efficacité et de la rapidité des diverses plates-formes proposées.

Une plate-forme collaborative destinée aux professeurs et aux participants a été mise en place il y a 3 ans afin de leur permettre de collaborer et d’échanger en temps réel, sur le campus et en dehors. Des iPads ont également été mis à disposition, ce qui s’est révélé être une expérience pédagogique très intéressante pour l’Ecole.

Les Executives MBA sont en croissance forte voire très forte. Ils viennent avec des habitudes de consommation qui ne sont pas les mêmes. Comment gérez vous ces populations dans le processus de digitalisation des informations ?

A la différence de l’étudiant MBA, l’Executive MBA est toujours dans l’entreprise. La cible visée à l’INSEAD est essentiellement composée de personnes qui souhaitent transformer leur carrière. L’Executive MBA a plutôt une approche de performance et de progression en interne qui peut éventuellement se concrétiser par un changement de poste.

Le constat fait fréquemment à l’INSEAD est celui de la « magie de l’interaction en cours ». Le présentiel ne peut pas être remplacé par le digital. Rien ne pourra transformer l’expérience unique sur l’un des trois campus. Cela permet également aux apprenants de se constituer leur réseau sur place. La digitalisation EMBA se fera donc plutôt de façon hybride.

Le taux de satisfaction est extrêmement haut en matière de blended learning, notamment pour les programmes intra-entreprises comme par exemple le format qui a été lancé pour Microsoft et Accenture dont la cible était le middle management.

Comment prépare-t-on les dirigeants à ces nouvelles donnes de l’économie du 21ème siècle ?

L’INSEAD a plutôt travaillé sur les modes de transmission. La place du leader dans l’organisation a été repensée. Un cas d’étude : celui de GORTEX, entreprise où tout le monde est au même niveau et associé. Le principe de leadership se réfère aux talents en fonction des objectifs. Le rôle du leader est d’identifier les talents qui pourront honorer les objectifs et de les missionner le plus rapidement possible. Cela révèle plus vite et plus fort les talents.

Que pouvez-vous faire pour accompagner les plus de 55 ans qui ont à mener la transformation digitale ?

Les leaders qui viennent à l’INSEAD pour comprendre les transformations digitales sont exposés à ce genre de philosophie, à savoir : la pyramide classique se renverse. Il faut les encourager à embrasser ce travail collaboratif. L’école leur montre qu’aujourd’hui ils ont les outils pour accélérer cette forme de travail. Le réseau des anciens de l’INSEAD est également très actif et très puissant.

Les accompagnez-vous sur leur propre transformation digitale ?

Cela se fait dans les deux sens. Beaucoup d’anciens de l’INSEAD sont invités à partager avec les étudiants leurs success stories dans le digital et leur savoir. Axel Tagliavini cite Blablacar en exemple car ce site a effectivement été fondé par deux anciens étudiants de l’INSEAD.

Quelles sont les conséquences de la pyramide inversée sur le leaderschip ?

L’intérêt des modes d’enseignement quels qu’ils soient, est d’accompagner ces personnes du mieux possible. Le digital lève le voile sur certains traits que le leadership pouvait avoir occulté précédemment. Plus que jamais les business schools ont un rôle à jouer dans cette transformation.

 

 

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